06 décembre 2016

Hiver portant l'hiver

Hiver portant l'hiver, te voilà
Et l'ombre des grands chênes
Creusant les cicatrices de l'été
N'est pas plus noire que le cri muet
Des branches mortes que
Les oiseaux voyageurs ont désertées.

Hiver portant l'hiver, me voici
Mon poids de mort en son cortège
Creusant les cicatrices de nos amours
N'est pas moins froid que la porte blanche
Des promesses de qui presque
Porta l'étoffe de nos chairs écartelées.

04 décembre 2016

Chant Alterné

Dans l'effroi blanc d'être et de n'être pas,
Qui alors, dirons-nous, de ses mains saintes,
Oui : qui donc borne la nuit sans étoiles ?

From eternity to eternity I am non-being.
The glimpse in between is pain and blindness
Illusion of self on self.

Des plis survolant l'étroit guet d'Or
Dans la douleur d'être et de n'être pas
Il se fait dire d'Azur le poème

A blue silken ribbon in a broken soul
From eternity to eternity passing through
Honeycombs the frost of our great dead

Rose morte abandonnée sur un livre
S'attarde une abeille parfois et passe
Dans l'innocence d'être et de n'être pas.

To and fro the stainèd cradle grinds
Its load conceived in the darkest angst -
From eternity to eternity were you ever willed?

30 octobre 2016

Conte d'Halloween

Je dormais, Claire, par un triste matin
Qu'alors pensive sous la nue fraîche
Vous vîtes poindre dans l'épais brouillard
Et les larmes de vos yeux de satin
Allant au pas des morts une calèche. 

Je t'aimais à mort lente, enfant vieillard
D'un automne blafard, exsangue et morne,
Et toi ! Toi ! Tu me vis parmi les morts !
Debout comme dans la robe d'un saint !
De ma mémoire je fixai les bornes

Et fis tout gai mes adieux aux remords !
Et sur la route vers vous toute ouverte
Une ombre, une silhouette, est-ce lui ?
Rieur où je souris, mais oui, c'est lui !
Fort comme un père et d'un pas bien alerte

C'est donc bien lui que vos yeux invitaient
Ne voyant de moi ni le corps ni l'ombre.
Alors je m'en retourne sans cœur ;
Dans l'automne blême, sinistre et glacé
Mon âme brûlée épouse la pénombre 

Et conclut ici son sort en cette heure. 

Je dormais, Claire, par un triste matin
Qu'alors pensive sous la nue fraîche
Vous vîtes poindre dans l'épais brouillard
Et les larmes de vos yeux de satin
Allant au pas des morts une calèche.

28 octobre 2016

Seul étonne le joyeux

Seul étonne le joyeux.
Tant de choses s'y tiennent ensemble
Et s'élancent sans effort
Tout de grâce comme d'un seul ;


Et qu'il s'écoule et passe en quelque point du jour
Comme une rosée il ne s'attarde pas
Mais semble comme dans l'Azur naissant
Retourner au pur Royaume du Père,


Inentamé par le cours de maint fleuve

Bondissant avec fracas parmi les collines
Lui n'a pas attendu le vieil Océan
Mais comme le saumon saute et éclabousse
Parmi les arcs-en-ciel de l'écume


Il remonte d'un bond évitant les rochers

La cataracte d'or au-dessus de laquelle
Il tient très haut le point de sa naissance.