Ô le frère la flamme le proche
L'oiseau sur la tourbière une blancheur
Un cœur d'or le lys où mourut un enfant
Le chemin de pierre où ton pas se presse
L'orage gronde au loin fraîcheur
Un vieillard souffle sur la page d'un livre jauni
et les martinets fendent l'azur couvert
Midi sonne sur le deuil d'une jeune veuve
Devant le café des soldats rient
Craquements d'îles où fut un continent
Comme un piège le sourire de qui reste homme
A brandir l'azur comme l'injonction de noces hivernales
Ne reste à rire que de la mort ou que la mort
Feu de fer et d'os et le rire d'une jeune morte
Non rien jamais personne ici-bas
Ni l'azur fier ni l'or des nuits de jasmin
Où taire l'œuvre raidie d'un cœur trop aimant
Où foudroyé de mort un promeneur nous dit ce qui fut l'homme
Où nul enfant ne naît de la foudre stérile
Ô frère flamme proche te voici qui fut
Craquement du proche dans un ciel livide
Midi tonne sur les soldats aux joues de jasmin
Craquements de fer et d'os en feu oiseaux fous
Dans le ciel bleui des flammes
Ô nuit Ô frères Ô proches Ô vieillards Ô livres jaunis
Ô rires tus Ô enfants édentés Ô promesses de pierre
Ô vent de feu sur les larmes de pierre
Ô petite rose au matin pâle qui t'éveilles à l'ange casqué
Une jeune abeille se livre à ton désir et meurt dans son retour
Fraîcheur sur les charniers dans la paix de pierre
Et les dents d'enfants putréfiés
Ô le frère la flamme le proche
Une rose encore sur le seuil
Et nous voici chemin d'Occident
Sur l'horizon des morts que berce l'azur apaisé.
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31 juillet 2011
Fragrances de guerre
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11 juillet 2011
Souffles
si ce soir le vent sur les vagues si ce soir sera de houle vent qui cataracte les vagues - haubans et hunes dématés volent et vogue encor la nef aguerrie Ô cathédrale achanée où hurlent où chantaient marins au matin - Ô soir de très grand vent sur la mer si les hommes et les travaux des hommes sur la mer au vent qui hurle et tranche comme faux les blés couchés brûlés de sel - si ce soir brûlent les hommes au vent salé de la mer brûlent les yeux des hommes cataractés hommes aveugles aux plus grands vents de l'esprit hommes du soir aveugles au tard venu nouveau-né des cathédrales achanées au vent des matins d'hiver Ô si ce soir l'enfant qui fut un homme brûlé au plus grand vent n'a plus souci de la sterne et du vol immense sous son aile - toute la terre sous son aile comme une géodésie que sculpte le vent sur les rémiges scapulaires au long des plus grandes migrations - si ce soir Ô homme un feu de terre ne guide ne réjouit ni marins ni femmes de marins Ô cathédrales de l'enfant qui tremble sous le vent comme rémige de sterne sous l'appel des grandes migrations feu de terre fanal des grands précurseurs Ô traceurs de routes qui furent aussi les marins d'hier qu'un enfant de feu aux hommes cataractés apporte comme un compas de sûre navigation la géodésie des sternes aux hommes migrateurs hommes de mer et hommes de terre hommes en attente de l'aurore qui êtes attentifs au vent si ce soir le vent se lève si ce soir le vent sur les vagues si ce soir sera de houle vent qui bruisse les aubiers et courbe le vol du martinet hurleur si le vent souffle dans les narines de l'enfant qui fut homme comme vent sur les braises d'un grand feu de plaine Ô feu traçant les grandes migrations des hommes de terre
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