29 avril 2017

Autoportrait minéral

Découverte de la poésie de Richard Rognet, premières impressions


Sens très fin des rythmes et des jeux de teintes dans les assonances. Vocabulaire très simple, paysan, de promeneur campagnard. M'évoque la poésie américaine de Raymond Carver. Un enfant de novembre comme moi, dissémination du "moi" non seulement dans un "tu" mais dans les images d'une nature s'éteignant dans les froidures automnales, sens de l'hiver qui vient inexorable, inévitable, avant un encore improbable et inespérable printemps.
Nostalgie assumée d'une réalité qui ne fut elle-même jamais qu'un illusoire jeu de miroirs émotionnel. Le temps sous le signe du regret et de l'erreur, aucun resserrement, par conséquent nulle rancœur outre le deuil imprescriptible de l'Irremplaçable.

21 février 2017

Nocturne

Sourd dans la nuit bleuie une valse aux accords
Doux et tristes comme une jeune et belle sainte
Et un effluve de vin doux, charmante plainte
De l'été mort où suaves s'émurent les corps.

Obscurs les chemins de l'âme à l'heure où l'amour
Se perd dans l'attente enfantine de l'éclair
Et le chant du rossignol dit au cœur gourd -
La nuit a ton visage telle une phalère.

06 décembre 2016

Hiver portant l'hiver

Hiver portant l'hiver, te voilà
Et l'ombre des grands chênes
Creusant les cicatrices de l'été
N'est pas plus noire que le cri muet
Des branches mortes que
Les oiseaux voyageurs ont désertées. 


Hiver portant l'hiver, me voici
Mon poids de mort en son cortège
Creusant les cicatrices de nos amours
N'est pas moins froid que la porte blanche
Des promesses de qui presque
Porta l'étoffe de nos chairs écartelées.