27 mars 2006

Heureux l'homme qui se connaît lui-même!

Nous ne nous connaissons nous-même que par le Saint-Esprit.
Tant que nous sommes dans les ténèbres prébaptismales des passions dévorantes qui aveuglent notre cœur et notre intellect et nous conduisent de la mort spirituelle à la mort corporelle sans espérance, nous ne pouvons formuler sur nous-mêmes que des jugements faussés par une vision elle-même impure.

"C'est dans Ta Lumière, Seigneur, que nous verrons la lumière."

Le Chrétien né à nouveau du baptême d'eau et de feu (l'eau qui éteint le feu des passions et le feu qui "assèche" et illumine l'intellect auparavant aveuglé par l'horizon du péché), voit d'abord toute la sainteté et la divinité du Christ dans sa nature humaine. Puis, lorsque cette grâce se retire, il est "comme le chien qui retourne à son vomi" et prend en haine ardente sa nouvelle chute, ce qui lui permet de voir la véritable nature de l'humanité déchue et, paradoxalement, d'acquérir l'humilité en comprenant qu'il n'est en rien meilleur que le pire des hommes - et alors, progressivement, lorsque la grâce revient encore et encore pour absoudre et sanctifier l'ascète immergé dans le repentir "jusqu'à la haine de sa propre âme", l'amour du Christ pour tous les hommes, liée au mystère de l'humilité même de Dieu, commence à grandir et le Chrétien qui reçoit grâce sur grâce après avoir connu chute après chute, embrasse la Croix avec un élan d'amour total, car il a soif de donner sa vie pour tout homme qui n'a jamais connu la grâce du salut dès cette vie.

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