31 mars 2006

Quand la grâce vient, il ne faut pas se retourner sur soi-même

Percé depuis longtemps des traits de votre amour,
Je ne sens pourtant pas ma flamme ;
Hélas quand viendra-t-il ce jour,
Que je ne verrai plus mon âme ?

Je la vois quelquefois et c'est un grand tourment
Cachez-la bien, mon Principe,
Dans l'abîme de son néant,
Qu'a rien elle ne participe.
Cachez-la de mes yeux, et de ceux des humains ;
Qu'elle reste si bien perdue,
Sans sortir jamais de vos mains ;
Qu'elle soit toujours inconnue.

Je ne saurais me voir sans devenir impur ;
Toujours quelque propre recherche ;
Que ce regard me soit dur !
Ah ! que votre bonté l'empêche !
Comme le basilic tue avec ses regards,
Ainsi notre regard nous tue ;
Amour perce-moi de tes dards ;
Et que je me perde de vue...

Mme Guyon, Poésies et Cantiques spirituels.

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