15 avril 2006

Psaume 137:4 Comment chanterions–nous un cantique du Seigneur sur une terre étrangère ?

Comment ne pas désespérer lorsque notre Sauveur implore: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-Tu abandonné ?"
Comment ne pas devenir fous de douleur lorsque la grâce par laquelle nous vivions comme une huile sur l'eau apaisée des passions nous a quitté et que les eaux agitées rendent l'huile inutilisable pour allumer la lampe votive d'un cœur purifié, d'une âme qui plaît à Dieu ?

"Comment chanterions–nous un cantique du Seigneur sur une terre étrangère ?" demandait le saint roi David ?

"8 Fille de Babylone, qui vas être détruite, bienheureux qui te rendra la pareille de ce que tu nous as fait !
9 Bienheureux qui saisira tes premiers-nés, et les écrasera contre le roc !"

Oui, bienheureux l'Esprit divin consolateur qui efface instantanèment et sans effort les premiers-nés de la mort spirituelle, les pensées passionnelles qui entraînent le cœur vers des décisions impures qui justifient notre mort!

L'âme du Chrétien est comme une pâte à pain dont Dieu est le boulanger céleste et la grâce le levain. Lorsque le boulanger laisse la pâte en repos, celle-ci s'élève et s'aère, mais soudain elle est - littéralement - mise dans le pétrin et semble retourner à son état passé, prébaptismal. Mais ne nous trompons pas: Dieu n'abandonne jamais l'œuvre de Ses mains! Les épreuves qui semblent anéantir en nous l'œuvre de la grâce - jusqu'au retour à notre état humain ordinaire, "comme le chien qui retourne à son vomi" - est aussi une part de l'œuvre de Dieu.

L'âme ainsi "pétrie" se souvient de son repos passé, mais si elle désespère à cause de son trouble présent, c'est qu'elle n'a pas en vue le but final: le pain, une fois pleinement levé, après de nombreux pétrissages et des phases de repos, doit finalement passer dans le feu afin d'acquérir sa forme définitive et sa nouvelle nature: du blé, de l'eau et du levain, le feu fait un pain qui nourrit le cœur de tous les hommes.

Car il en est ainsi de toute grâce: l'expérience de celle-ci est radicalement personnelle, hypostatique, mais ses conséquences dernières, son fruit ultime, est le don de la personne déifiée pour tous les êtres logiques, et c'est là que réside la vraie catholicité de l'œuvre divine.

"Comment chanterions–nous un cantique du Seigneur sur une terre étrangère ?"
A Lui toute gloire, honneur et adoration, Père, Fils et Saint Esprit, pour les siècles des siècles.
Amen.

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