31 juillet 2011

Fragrances de guerre

Ô le frère la flamme le proche
L'oiseau sur la tourbière une blancheur
Un cœur d'or le lys où mourut un enfant

Le chemin de pierre où ton pas se presse
L'orage gronde au loin fraîcheur
Un vieillard souffle sur la page d'un livre jauni
et les martinets fendent l'azur couvert

Midi sonne sur le deuil d'une jeune veuve
Devant le café des soldats rient
Craquements d'îles où fut un continent

Comme un piège le sourire de qui reste homme
A brandir l'azur comme l'injonction de noces hivernales
Ne reste à rire que de la mort ou que la mort
Feu de fer et d'os et le rire d'une jeune morte

Non rien jamais personne ici-bas
Ni l'azur fier ni l'or des nuits de jasmin
Où taire l'œuvre raidie d'un cœur trop aimant
Où foudroyé de mort un promeneur nous dit ce qui fut l'homme
Où nul enfant ne naît de la foudre stérile

Ô frère flamme proche te voici qui fut

Craquement du proche dans un ciel livide
Midi tonne sur les soldats aux joues de jasmin
Craquements de fer et d'os en feu oiseaux fous
Dans le ciel bleui des flammes

Ô nuit Ô frères Ô proches Ô vieillards Ô livres jaunis
Ô rires tus Ô enfants édentés Ô promesses de pierre
Ô vent de feu sur les larmes de pierre

Ô petite rose au matin pâle qui t'éveilles à l'ange casqué
Une jeune abeille se livre à ton désir et meurt dans son retour
Fraîcheur sur les charniers dans la paix de pierre

Et les dents d'enfants putréfiés
Ô le frère la flamme le proche
Une rose encore sur le seuil
Et nous voici chemin d'Occident
Sur l'horizon des morts que berce l'azur apaisé.

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