11 juillet 2011

Souffles

si ce soir le vent sur les vagues si ce soir sera de houle vent qui cataracte les vagues - haubans et hunes dématés volent et vogue encor la nef aguerrie Ô cathédrale achanée où hurlent où chantaient marins au matin - Ô soir de très grand vent sur la mer si les hommes et les travaux des hommes sur la mer au vent qui hurle et tranche comme faux les blés couchés brûlés de sel - si ce soir brûlent les hommes au vent salé de la mer brûlent les yeux des hommes cataractés hommes aveugles aux plus grands vents de l'esprit hommes du soir aveugles au tard venu nouveau-né des cathédrales achanées au vent des matins d'hiver Ô si ce soir l'enfant qui fut un homme brûlé au plus grand vent n'a plus souci de la sterne et du vol immense sous son aile - toute la terre sous son aile comme une géodésie que sculpte le vent sur les rémiges scapulaires au long des plus grandes migrations - si ce soir Ô homme un feu de terre ne guide ne réjouit ni marins ni femmes de marins Ô cathédrales de l'enfant qui tremble sous le vent comme rémige de sterne sous l'appel des grandes migrations feu de terre fanal des grands précurseurs Ô traceurs de routes qui furent aussi les marins d'hier qu'un enfant de feu aux hommes cataractés apporte comme un compas de sûre navigation la géodésie des sternes aux hommes migrateurs hommes de mer et hommes de terre hommes en attente de l'aurore qui êtes attentifs au vent si ce soir le vent se lève si ce soir le vent sur les vagues si ce soir sera de houle vent qui bruisse les aubiers et courbe le vol du martinet hurleur si le vent souffle dans les narines de l'enfant qui fut homme comme vent sur les braises d'un grand feu de plaine Ô feu traçant les grandes migrations des hommes de terre

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