01 juin 2012

Les Survivants

Vienne le temps qui nous écorche
Nous qui par seul' Beauté vivons ;
Brûlure et lumière Ô torche !
Sur la chair que nous élevons
Au burin de nos larmes, au vent
De nos cris, nos mains en avant
Encor pétrissant, encor bénissant,
Nos mains tremblantes d'algues frêles
Que nulle onction de l’Éternel
Sur la barrière du regret,
Passées les ombres du Progrès,
Ne touche du haut du Ciel mort,
Que ni repentir ni remord
Ni que folie vengeresse
A taire l'atroce maîtresse
Parturiente de nos visions -
Chaque forme est une incision
Chaque teinte est un saignement -
Dont l'infernal enseignement
En vierge beauté éclot et s’épand
Parmi les hommes aux trépans
Assassins, hommes esclavons
Discordants, tuant, nous tordant
Nous qui par seul' Beauté vivons.
Nos larmes de fer, nos tombeaux ardents
Et dans vos villes, et sur vos porches
Bravent ce temps qui nous écorche.

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