10 janvier 2013

Du Dernier Matin d'Hiver

Faut-il que nos heures soient si longues et froides
Ou que nos lèvres craqu' sous toute tentative
De dire chose si douce aux âmes si roides
Pour qu'enfin, au terme de la nuit oblative

 - Le cœur rempli de la lourde angoisse des sombres
Fleuves qui charrient l'encre esquissée de nos chers
Morts, tandis que de la pierr' fêlée des décombres
Éclot une jacinthe aux teintes de ta chair -

Un filet d'or perle des glaces de mon cœur
Et ma main tremblante à peine pose les mots
Qui disent et qui taisent par-delà la rancœur

L'atroce splendeur attisante des désirs animaux
Que parent d'innocenc' les souffles de l'été
Cachant jusques au soir la coupe du Léthé ?

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