08 juillet 2014

Poème en prose

Mon âme fait exactement l'opposé du poids de tous les univers possibles moins celui de mon corps qui suffit à l'attacher - mais de si peu ! - au monde affligeant des hommes et à celui, terriblement
détestable, de la nature qui se répète toujours avec la même urgente idiotie.

De masse absolument négative elle n'est pas non plus soumise aux contraintes de la physique relativiste, n'ayant non plus rien de commun avec la lumière qui aveugle le bétail aux appétits grossiers.

N'étant jamais née, elle ne saurait non plus jamais mourir. N'ayant reçu aucun nom qui lui corresponde, les mondes, les dieux et les mortels ne sont que les pénibles avortons d'une tentative maladroite de la dire alors qu'elle ne consent qu'à grand-peine à se nommer "je" - à l'occasion d'un rare bâillement au cœur des sables que balaie l'océan tumultueux où elle jouit de son repos joyeux.

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