17 décembre 2014

Qui parle de destin ou de hasard ?

Celui qui parvient à donner un but à sa vie voit un destin, celui qui ne fait que subir l'existence parle de hasard.
On peut donc déceler dans ce choix de vocabulaire un jugement moral sur la vie (ce qui est une absurdité dans les deux cas !), selon qu'un homme parvient à exprimer son désir dans et à l'existence (de l'artiste au père/mère de famille en passant par le saint et le dictateur) ou bien que son désir est écrasé par les circonstances extérieures, ce qui développe alors les conditions du ressentiment qui peuvent mener aux différentes formes de la négation de la vie.
Toute vie humaine est évidemment un composé des deux: nous sommes régulièrement contrariés par le cours de la réalité et parfois nous arrivons à faire pousser une fleur, et parfois une de ces fleurs porte du fruit. Mais parce que la nature produit toujours en surabondance en utilisant le gaspillage comme force de résistance à l'entropie universelle, nous pouvons nous focaliser à tort sur les fleurs qui n'ont jamais poussé, sur celles demeurées stériles, etc. qui sont, de très loin, la norme de la même façon que 99% des bébés tortues aquatiques seront dévorés avant d'atteindre la mer.
C'est dans la surabondance même de l'échec qu'il faut voir la poussée de la vie contre les conditions globales de l'univers qui sont celles de la thermodynamique, la mécanique du néant. Seul le vivant se reprend dans la déperdition d'énergie du soleil et de la terre pour s'efforcer de pousser et de percer vers des formes plus complexes, plus stables et plus résistantes, dans un univers qui se consume inexorablement et court au néant glacé du vide.

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