26 mars 2015

Hölderlin

Et l'âme, la pauvre âme,
Peine à se reconnaître
De loin en loin
Parmi les miroirs pâles qui deviennent
Parmi les choses qui reviennent.

Un soleil, dis-tu, mais n'est-il pas
Pareil à la nuit qui nous baigne saintement
Quand semblables aux prêtres vagabonds
Nous apportons l'ivresse aux peuples endeuillés ?

Frères de l'homme et de la nuit sans étoiles
Les poètes encor disent à la clarté du matin :
Pas encore, le jour n'est pas encore
oublié dans le bain de nos deuils
Pas encore son point une heureuse naissance
Car nos chants endeuillés sont la rosée
Qui rafraîchit l'aube qui, peut-être, déjà vient.

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