17 décembre 2015

C'est l'heure

C'est l'heure si pâle où les morts
presque
scintillent

C'est l'heure choisie par la pluie
pour faire fumer les pierres
en ce midi d'été

Tôt des enfants comme des îles blanches
rient à l'insecte mort
pleurent à l'oiseau blessé

et le vent déjà hurle plus fort
des passants crient à tue-tête
des mots que je n'entends pas

C'est l'heure dis-tu
où le sable efface l'oeuvre
des grands morts

C'est l'heure encore
où l'oiseau de haute montagne
indique une grotte celée
où ton crâne repose
où passa l'ombre d'un ange

C'est l'heure si solitaire
où l'homme accablé de peines
entend dans sa poitrine
le tambour d'un peuple qui n'est plus

C'est l'heure où l'hiver enfin
en son berceau de glace
seule promesse du printemps qui vient
en finit avec l'automne aveugle
et les gémissements de ses charniers ineptes.

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