19 janvier 2016

Élégie

L'ange la pierre une mort le seuil, une
herbe qui pousse sous la pierre
rien d'ici qui ne soit dans sa mémoire
invisible et partout présente
larme et sourire frôlement de l'aile

Un ange aux yeux brûlés
par le soleil du Père
mémoire de ce qui vient s'établir
dans la tempête hurlante
et l'horreur de la vie

Un même partage dans son dire et son taire
dans le bond joyeux des dauphins
dans le cri du vif martinet
dans le calme de la pierre où la source point

L'immatérielle vie l'éclat auprès duquel
Toute rose vive pâlit et se dessèche
Fuyant le siècle en tremblant sous l'orage du Ciel
À grand peine dire ce que le commun tait -

Enfant des eaux mortes, frère des poussières
une douleur devient ton chant
le cours de la vie au profond d'un presque
silence parfumé comme les fleurs diaphanes
de l'enfance aux rires tus - ma pauvre âme
sous le regard de la bête tantôt fauve
bête au regard inepte bête si certaine -

Ô Terre comment te quitterai-je où je n'ai rien
Qui se puisse bénir et tout amour meurtri ?

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