29 juin 2016

Fleuve

Fleuve
je donnerai voix au sceptre de ton sein tourmenté
Que soit ici scellée une alliance
Entre tes flots bondissants
Et le chant qui se veut naître

Fleuve
tu charries dans le fracas de tes flots
toutes les voix des morts petits et grands
et les rires des enfants de l'hiver
comme tu brises les hommes de labeur
sous les premiers feux d'équinoxe

J'ai posé sur tes eaux une barque frêle
elle a pour voile la première rose du printemps
et pour compas le cri de l'oiseau hurleur

Là-bas ! Pour la mer ! Qu'un chant se lève et dise:

Une rose est allée où partent les oiseaux
L'or martelé sidérant au champs vespéral
Idole de soi ballant comme d'île en île
Partance ! Voici déjà tanguante cette nef
La bruissante sous la brume claire tous mâts
Craquant comme la noix sous la poussée

Chacune vient d'ors
Vieillard cuit des aussières

La rose silencieuse sous les nuages
Enfant bleu aux yeux pétris de larmes
Bras déchirés par les chaînes de fer

Cet esquif où l'Être s'appert
Sa voile est une rose sous la bourrasque
Et dans les feux d'orage
dans le grondement du fleuve
Dans l'immensité turbulente et par instants claire
De l'Océan où tout naît et renaît jusque sous la glace
Jusqu'au noir diamant de l’Éternité.

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