30 octobre 2016

Conte d'Halloween

Je dormais, Claire, par un triste matin
Qu'alors pensive sous la nue fraîche
Vous vîtes poindre dans l'épais brouillard
Et les larmes de vos yeux de satin
Allant au pas des morts une calèche. 

Je t'aimais à mort lente, enfant vieillard
D'un automne blafard, exsangue et morne,
Et toi ! Toi ! Tu me vis parmi les morts !
Debout comme dans la robe d'un saint !
De ma mémoire je fixai les bornes

Et fis tout gai mes adieux aux remords !
Mais sur la route vers vous toute ouverte
Une ombre, une silhouette, est-ce lui ?
Rieur où je souris, mais oui, c'est lui !
Fort comme un père et d'un pas bien alerte

C'est donc bien lui que vos yeux invitaient
Ne voyant de moi ni le corps ni l'ombre.
Alors je m'en retourne sans cœur ;
Dans l'automne blême, sinistre et glacé
Mon âme brûlée épouse la pénombre 

Et conclut ici son sort en cette heure. 

Je dormais, Claire, par un triste matin
Qu'alors pensive sous la nue fraîche
Vous vîtes poindre dans l'épais brouillard
Et les larmes de vos yeux de satin
Allant au pas des morts une calèche.

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